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30/06/2005
Une idee pour vos vacances!
Voici une présentation du sancturaire de Torreciudad, dans les Pyrénnées espagnoles, bel endroit pour aller prier....
Voici le lien avec le site internet
http://www.torreciudad.org
TORRECIUDAD: UN PAYSAGE QUI APPROCHE DE DIEU
Torreciudad est un sanctuaire marial roman du haut Aragon (XIe siècle). Le nouveau sanctuaire, promu par le fondateur de l'Opus Dei, a été ouvert au culte le 7 juillet 1975. Le bienheureux Josémaria Escriva attendait de ce lieu "des fruits spirituels: les grâces que le Seigneur voudra bien accorder à ceux qui viendront honorer sa Mère bénie dans son sanctuaire. Voilà les miracles que j?attends: la conversion et la paix pour beaucoup d?âmes." C'est dans cette intention qu'il fit construire les chapelles des confessionnaux et demanda que tout soit fait pour créer une atmosphère de prière et de recueillement.

PATRIMONIE ARTISTIQUE DE L'ARAGON
De nombreuses personnes ont contribué à la construction du sanctuaire, et continuent d?aider à son entretien, qui dépend aussi de la générosité des visiteurs. Organismes publics et institutions privées soutiennent aussi les activités du sanctuaire, conscients de son rayonnement social, dans son environnement immédiat et dans le reste de l'Aragon.
COMITÉ DE PATRONAGE DE TORRECIUDAD
Un comité de patronage, gouverné par un conseil, veille à l'entretien de l'enceinte et aux besoins financiers de l?ensemble. Il anime de nombreuses activités et dispose pour ce faire d'une équipe de professionnels. La promotion des pèlerinages est assurée par des délégués, qui font connaître Torreciudad.
UNE ARCHITECTURE RELIGIEUSE CONTEMPORAINE DANS UN ENVIRONNEMENT DE PAIX
L'architecte Héliodore Dols a conçu le projet et dirigé les travaux (1970-1975), avec la collaboration des architectes Jacques Sols et Raymond Mondejar.
L'ensemble constitue une véritable ?uvre architecturale, aux caractéristiques toutes particulières. À signaler, dans la nef, le retable en albâtre du sculpteur Jean Mayné et, dans la chapelle du Saint Sacrement, le Christ en bronze doré de Pascal Sciancalepore.
Les quatre chapelles de la crypte sont consacrées à la Sainte Famille, à Notre Dame de Lorette, à Notre Dame du Pilier de Saragosse, et à Notre Dame de Guadeloupe. Sous les arcades on peut voir des représentations des mystères du rosaire en faïence peinte, de Joseph Alzuet, auteur également du Chemin de croix, dont les scènes serpentent parmi les rochers et les oliviers centenaires.
L'accès à l'ermitage longe les Douleurs et les Joies de saint Joseph, ?uvre en céramique de Palmira Laguens.
L'ermitage a abrité la statue romane de la Vierge de Torreciudad, jusqu'au jour où celle-ci a été transportée dans le sanctuaire. Ce lieu constitue un rendez-vous attachant pour les gens des contrées voisines et pour les pèlerins qui arrivent dans le haut Aragon. L?attention spirituelle du sanctuaire est confiée à la Prélature de l'Opus Dei.
Le sanctuaire ouvre ses portes tous les jours de l'année, et propose aux visiteurs les actes de culte et les activités habituelles des lieux de pèlerinage.

UN ENDROIT OÙ PERSONNE N'EST ANONYME
Torreciudad attire de nombreux pèlerinages. En particulier
La journée mariale de la famille
Des milliers de personnes rassemblées à Torreciudad prient pour la famille. Ce jour-là, comme dans d?autres occasions, Torreciudad est le sanctuaire des familles, et pour les familles.
La journée de la jeunesse
Le premier week-end du mois de mai, des étudiants de différents pays viennent présenter à la Sainte Vierge leurs demandes, et lui consacrent leur jeunesse, en apportant leurs offrandes durant la messe. Le programme de la journée se poursuit avec des représentations musicales, et la récitation du chapelet en fin d'après midi.
La fête de Notre Dame de Torreciudad
Fidèles à leurs traditions, au mois d'août, des personnes de la région, et des familles en vacances participent chaque année aux fêtes organisées en honneur de Notre Dame.
Activités musicales
Le département de musique organise chaque année un cycle international d'orgue et de musique sacrée, qui rassemble des organistes de renommée mondiale. Le sanctuaire a un orgue de 4.072 tuyaux.
La route mariale
Le Pilier, de Saragosse, Torreciudad et Lourdes se trouvent sur un itinéraire qui permet de prier, de jouir des beautés artistiques et des paysages de ces régions.
DÉVELOPPEMENT DE LA CONTRÉE ET PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT
Le comité de patronage de Torreciudad participe à de nombreuses activités culturelles et sociales qui ont lieu dans la région, ainsi qu?à des camps de travail, à des journées universitaires et de formation professionnelle, littéraires, agronomiques, sportives et de solidarité. Pour accroître et consolider le rayonnement spirituel, social et économique du sanctuaire, le comité de patronage entretient des liens étroits avec les institutions et les autorités ecclésiastiques et civiles.
LE SILENCE ET LA RETRAITE DEVIENNEN PAYSAGE
Torreciudad est l?un des sites les plus visités des Pyrénées aragonaises. Des milliers de personnes du monde entier viennent chaque année en ce lieu où la nature incite à la paix et au silence. Le charme de cette région a permis la création de nouvelles routes et d?itinéraires de randonnée. Les agences de voyages, les paroisses, les associations et les centres d'enseignement, etc. peuvent d?y organiser des activités de loisirs.
LA PRELATURE DE L'OPUS DEI
assure les activités spirituelles du sanctuaire. L'Opus Dei, chemin de sanctification au milieu du monde, donne la formation et les moyens spirituels pour vivre une intense vie chrétienne dans tous les milieux, à travers l'exercice du travail professionnel et l'accomplissement du devoir quotidien. Il s'étend aux cinq continents. Les membres de l'Opus Dei, avec la collaboration de beaucoup d'autres personnes, réalisent dans le monde entier des activités exclusivement apostoliques et de formation chrétienne. Torreciudad est l'une d'entre elles. De cette initiative le bienheureux Josémaria Escriva attendait la conversion et la paix de beaucoup d'âmes.
ITINERAIRE RECOMMANDÉ
Le sanctuaire (le retable avec l'oculus eucharistique et la statue romane de la Vierge, la chapelle du Saint-Sacrement avec le Christ en bronze). La crypte des confessionnaux. Les chapelles. Les galeries des mystères du rosaire. Les douleurs et les joies de saint Joseph. L'ancienne chapelle. Le Chemin de Croix.
- Afin de maintenir une ambiance de prière, les visiteurs sont priés de garder le silence spécialément à l'interieur du sanctuaire.
- Pendant les actes de culte, les visites au sanctuaire sont interrompues pour respecter le recueillement des assistants.
HORAIRE
Voir les horaires au Bureau d'Information.
BUREAU D'INFORMATION
Information écrite et audio-visuelle sur le sanctuaire en différentes langues. Honoraires de messes. Service postal et télégraphique. Objets perdus. Infirmerie.
Adresse Postale
Bureau d'Information.
22391 Torreciudad. Huesca. Espagne.
Tél. 19 - 34 74 30 40 25 Fax 19 - 34 74 30 40 07
AUTOUR DE TORRECIUDAD: ART, CULTURE ET PAYSAGE
Barbastro, est située à 24 km. du Sanctuaire. De son ensemble monumental, avec ses rues à la structure arabe et ses quartiers de haute tradition, se détachent plus particuliérement la cathédrale (XVIème siècle) inspirée du gothique, le Musée diocésain, le Musée des Martyrs et le Palais des Argensola. A Barbastro mourut Ceferino Giménez Malla, le premier gitan béatifié.
El Grado présente une intéressante structure urbaine de tracé musulman, et sa gastronomíe est reputeé. Non loin de lá, on peut visiter à Naval les poteries et les salines et admirer à La Puebla de Castro l'église romane, l'ancienne Chapelle et la ville romaine de Labitolosa. Secastilla, avec ses écussons héraldiques et ses galeries à arcades, est aussi un lieu de chasse et de pêche. Abizanda avec sa tour de défense et Ligüerre de Cinca.
À Monzón, la cité des Cortès, qui compte aussi des industries modernes, la forteresse conserve dans son enceinte divers édifices romans. La Con-catedral de Sainte-Marie, l'église gothique de saint François et celle de saint Jean-Baptiste, l'Hôpital et l'antique maison de Luzan présentent un intérêt particulier. On peut admirer à Graus la basilique de Sainte-Marie de la Peña et la place centrale.
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24/06/2005
Le que sais-je sur l'Opus Dei
Il parait que le Que sais-je sur l'Opus Dei fait un tabac... C'est vrai qu'il est bien distriibué et qu'on le trouve facilement en librairie. Voici une présentation de ce que-sais-je, que j'ai trouvé dans le site de christicity.com
La sixième édition du livre de Dominique Le Tourneau, « L’Opus Dei », publié dans la collection « Que sais-je ? » vient de paraître aux Presses Universitaires de France. La première édition sortait il y a tout juste vingt ans. Depuis, elle a été traduite dans plus de dix langues...
L’édition sortie en novembre aux PUF, entendez les Presses Universitaires de France, est un édition revue, corrigée, retravaillée, refondue... de ce "Que sais-je ?" sur l’Opus Dei.
Dans ce nouveau "jet", l’auteur procède aussi à une réactualisation de l’ouvrage, en créant notamment une bibliographie, et surtout, en faisant référence à des textes du fondateur de l’Opus Dei, saint Josémaria Escriva.
Si l’approche suivie est principalement théologique, elle n’exclut pas des aspects sociologiques, historiques, juridiques, ascétiques et hagiographiques.
L’ouvrage est découpé en cinq chapitres, au fil desquels nous sont présentés le message de l’Opus Dei et sa place dans l’Église catholique. On y apprend aussi beaucoup de choses sur le mode de vie de l’Opus Dei : la sanctification de la vie ordinaire, la sécularité et l’apostolat, la filiation divine, la contemplation au milieu du monde, la sanctification du travail, la liberté chrétienne, l’unité de vie, la dévotion envers Marie, le mariage comme vocation chrétienne, l’amour de l’Église et du pape...
Dominique Le Tourneau consacre aussi un chapitre au fondateur de l’Opus Dei, saint Josémaria Escriva.
Puis l’auteur entre ensuite dans un sujet d’ordre beaucoup plus "interne" en abordant l’organisation de la prélature de l’Opus Dei : unité de vocation et diversité des membres, laïcs et prêtres ; engagements ascétiques, de formation et apostoliques ; Société sacerdotale de la Sainte-Croix, gouvernement de l’Opus Dei. Enfin le dernier chapitre présente les initiatives apostoliques des membres de l’Opus Dei.
La bibliographie a été réorganisée et mise à jour. Elles comprend trois rubriques : ouvrages de saint Josémaria, ouvrages sur saint Josémaria, ouvrages sur l’Opus Dei.
Les précédentes versions de ce « Que sais-je ? »sur l’Opus Dei ont été traduites dans treize pays.
Cédric Valencogne, avec OPUS DEI
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21/06/2005
Quelques réflexions
Voici quelques réflexions que j'ai trouvées dans une publication, sur la vie du fondatreur de l'Opus Dei.
Josémaria Escriva, le fondateur de l’Opus Dei, a été canonisé par le pape Jean Paul II à Rome le 6 octobre 2002. Une biographie récente (Le Fondateur de l’Opus Dei, par A. Vazquez de Prada, éd. Le Laurier-Wilson et Lafleur) permet de mieux comprendre son itinéraire. Portrait d’un contemporain attachant, direct et sincère. D’un saint à l’âme d’enfant et à la profondeur de théologien. D’un homme chargé de mission par Dieu.
« Mon Seigneur et mon Dieu. Je crois fermement que Tu es ici. Que Tu me vois. Que Tu m’entends… » C’est le 28 mars 1975. Dans l’oratoire, tous sont à genoux devant le tabernacle. Et la voix claire et chaude, forte et distincte du prêtre âgé poursuit : « Je T’adore avec profonde révérence… » On a l’impression qu’il voit, qu’il touche ce Dieu auquel il parle. Ce prêtre, c’est le fondateur de l’Opus Dei. Il s’appelle Josémaria Escriva, il est mort quelques semaines plus tard, et il sera canonisé par Jean Paul II sur la place Saint-Pierre, à Rome, le 6 octobre 2002.
Saint Josémaria, pour beaucoup, c’est une voix. Au sens physique du terme : en effet, nombre de ses interventions en public, sur la fin de sa vie, ont été filmées. Les fidèles de l’Opus Dei voyaient là une occasion privilégiée de conserver ces témoignages de leur fondateur. Lequel avait déjà, de son vivant, une solide réputation de sainteté.
Une voix au sens littéraire et stylistique du terme, aussi. « Je m’appelle Escriva et j’écris beaucoup, » plaisantait-il. Chemin, Saint Rosaire, Entretiens, Chemin de Croix, Amis de Dieu, Quand le Christ passe : autant d’ouvrages traduits dans des centaines de langues, vendus à des millions d’exemplaires. Leur but est exclusivement spirituel. Leur style est très personnel, familier, intime. L’auteur tutoie le lecteur, il lui donne des conseils « d’ami, de frère, de père »… « pour que sa vie s’améliore, et qu’il s’engage dans des chemins de prière et d’amour » (Chemin, Prologue).
« Un homme qui sait aimer »
Une voix simple et cordiale. Celle d’une personne qui a du cœur. « Un homme qui sait aimer », se définissait-il parfois. Et n’est-ce pas là, radicalement, la définition de la sainteté ? Le saint imite Jésus-Christ, qui « nous a aimés jusqu’au bout » (Jn 13, 1). « Un père, » disent ceux qui l’ont connu. Mais au sens plein. Il avait cette chaleur, cette affection vraie, qui s’intéresse à toute la personne. « Mes enfants, disait-il, je vous aime avec un cœur de père et de mère. »
Une voix qui ne parlait que de Dieu. C’était un principe pour le fondateur de l’Opus Dei. « Je ne parle pas de politique : je préférerais me couper la langue et la cracher au loin. » Il tint parole : on ne trouve dans les écrits d’Escriva, ni dans sa prédication orale, aucune trace de discours politique. Ses options personnelles n’avaient pas à entrer en ligne de compte. La Parole de Dieu, la Tradition vivante de l’Église, le Magistère du pape et des évêques : rien d’autre. Le prêtre ne doit être le porte-parole que de l’Évangile.
Cet homme, ce prêtre avait reçu de Dieu sa voix, il en avait la conviction profonde, pour transmettre un message. Lequel ? Rien de moins que l’appel universel à la sainteté. C’était la raison pour laquelle il avait fondé l’Opus Dei, et lui avait consacré sa vie.
L’Opus Dei et son message
L’Opus Dei n’est pas une fondation comme les autres. En effet, dans le document par lequel le Saint-Siège érige solennellement cette institution, il est mentionné que l’Opus Dei est le fruit de « l’inspiration divine ». Pourquoi cette mention expresse ?
L’Opus Dei a été fondé le 2 octobre 1928, à Madrid. Josémaria a toujours été très sobre sur ce point : il n’aimait pas insister sur les phénomènes extraordinaires. À un moment précis, alors qu’il mettait en ordre des papiers, le Seigneur lui a fait « voir » l’Opus Dei. C’est-à-dire que Monsieur Tout-le-monde, l’homme de la rue, était appelé à la sainteté. Et l’Opus Dei était chargé de transmettre ce message. Et d’aider ceux qui le désireraient à aller jusqu’au bout de cet élan vers Dieu. Au milieu du monde. Dans le cadre de leur profession, de leur famille, de leur vie ordinaire. Sans porter d’habit ou d’étiquette. En restant eux-mêmes, devenir le Christ.
La vie de chaque jour devenait le pivot de la sainteté. En effet, il ne s’agissait pas de devenir saint « malgré » la vie ordinaire, mais « à travers » celle-ci. N’était-ce pas la vie qu’avait mené Jésus pendant trente ans ? Auprès de Joseph, il avait été un simple charpentier dans son village de Nazareth. D’où la formule par laquelle saint Josémaria condense la spiritualité de l’Opus Dei : « Sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail, sanctifier les autres par le travail. » L’activité professionnelle, qui remplit la majorité de nos heures, devient un lieu de rencontre avec Dieu. Mais aussi les autres circonstances de la vie de tous les jours : la famille, les relations sociales, la culture, les loisirs…
« Un fondateur sans fondement »
Josémaria ne voulait pas faire de fondation, se singulariser. Il se présentait lui-même, en plaisantant, comme « un fondateur sans fondement. » C’est le Saint-Esprit qui lui a, en quelque sorte, forcé la main. D’où ce nom d’Opus Dei, « Œuvre de Dieu. » Il ne voulait pas que son nom à lui apparaisse. Jésus seul devait briller. Dieu s’était servi de lui pour réaliser cette chose qui le dépassait : une œuvre qui allait aider les gens à devenir saints.
Les débuts de l’Opus Dei ont été environnés d’obstacles : la terrible persécution antireligieuse de la guerre civile espagnole, puis la Seconde guerre mondiale. L’Opus Dei, de par son message, n’avait pas vocation à se cantonner à l’Espagne. Sa portée était universelle. La chape de plomb que la domination nazie avait étendu sur l’Europe a, pendant quelques années, gelé cette expansion. Mais dès 1946, Josémaria se rend à Rome. Il souhaite obtenir du saint-père une approbation canonique lui permettant de faire ce que le Seigneur lui a demandé : proposer l’appel à la sainteté dans tous les pays du monde.
Mais la tâche n’est pas de tout repos. En effet, en 1946, on ne connaît pas d’institution de l’Église qui propose aux laïcs la sainteté comme une « vocation. » Si on reçoit un appel de Dieu, il faut entrer dans les ordres. Se sanctifier au milieu du monde reste purement théorique, ce n’est pas prévu dans le code de droit canon de 1905 !
Et pourtant, le pape et ses collaborateurs comprennent la portée du message. Dans la voix de Josémaria, ils ont reconnu les accents de l’Esprit-Saint, qui apporte un nouveau charisme dans l’Église. L’Opus Dei reçoit bientôt son approbation universelle. Mais son statut est ambigu : il n’y est pas réellement souligné le caractère laïc de l’institution. Il faut attendre 1982 pour que l’Opus Dei soit érigé définitivement en « prélature personnelle. » Un cadre juridique issu du concile Vatican II. Avec lui, la sécularité des fidèles de l’Opus Dei est assurée. Ce sont des laïcs qui se sanctifient dans le monde, sous la direction de leur Prélat, le successeur du fondateur. Ces laïcs sont actuellement 80 000, de tous les milieux sociaux, de 80 nationalités, et 2 000 prêtres leur assurent l’aide pastorale et sacramentelle nécessaire.
« Crie sans cesse »
L’appel de Josémaria a été fécond. Mais cette voix, il l’a fait retentir toute sa vie. Il a prêché cet appel sur tous les toits, faisant de longs voyages à travers l’Europe et l’Amérique pour parler de Dieu et remuer le cœur des gens. Sa correspondance, rassemblée pour le procès de canonisation, compte plus de treize mille pages. L’apôtre de la sanctification du travail se devait d’être un travailleur infatigable.
Il s’est surtout rendu compte, de façon particulièrement aiguë, que la parole ne suffisait pas. Pour incarner la Voix de Dieu, il lui fallait être saint lui-même. Ce fut une aventure d’exigence personnelle.
Sa sainteté fut celle des vertus quotidiennes. Travailleur. Simple : son ton de voix, la clarté de son regard, frappaient tout de suite. Fidèle : à ses parents, à ses amis, à ses professeurs. Toute sa vie, il a prié pour un prêtre qui avait été son professeur, et qui avait été particulièrement charitable envers lui. Loyal : il accomplissait ses engagements jusqu’au bout. Juste. Sobre. Humble. Poli avec délicatesse. Affectueux.
Joyeux aussi. Il était toujours serein, parce qu’il était convaincu que Dieu est un père pour les chrétiens. Ce qui implique qu’il ne saurait rien envoyer de mauvais à ses enfants. Il était habité par un constant optimisme. Un sentiment qui n’avait rien de béat : il faisait la part des choses. Il était conscient des profondes crises de civilisation qui ont traversé le XXe siècle. Ainsi que de la crise de l’Église. Mais Dieu est provident : Il se sert du mal pour en tirer un plus grand bien. C’est pourquoi la joie de Josémaria rayonnait sur son visage.
Amour de la liberté
Son sourire attirait. Il avait un style de relation aux autres qui suscitait l’adhésion. Dans sa tâche de gouvernement de l’Opus Dei, il faisait une très grande confiance à ses collaborateurs. Il leur laissait une grande latitude, après leur avoir expliqué ce qu’il attendait d’eux. Quand l’un d’entre eux se trompait, il le lui disait clairement. Mais il ne lui retirait pas son crédit.
Il attribuait cet amour de la liberté à ses origines françaises : la famille de sa grand-mère maternelle. Il répétait que nul, dans l’Opus Dei, ne pouvait être inquiété pour ses options temporelles. Les convictions politiques, artistiques, ou littéraires ne sont pas du ressort de la prélature. La plus grande variété possible doit au contraire éclater parmi ses fidèles. Toutes les professions honnêtes peuvent mener à Dieu. De même, toutes les opinions, sauf celles qui sont explicitement condamnées par l’Église, peuvent être adoptées par un fidèle de l’Opus Dei.
Il parlait souvent de la sainte liberté des enfants de Dieu. Dans l’Espagne franquiste, dans l’Italie démocrate-chrétienne, il était courant que des ecclésiastiques prêtent leur voix et leur influence aux factions politiques. Josémaria n’a jamais voulu jouer ce jeu-là. Il ne voulait défendre que le parti de Jésus-Christ, et Jésus-Christ, pour lui, n’était d’aucun parti. Parmi les membres de l’Opus Dei naissant, il y avait des franquistes et des anti-franquistes, des représentants de toutes les opinions possibles, car le but de l’Opus Dei n’est en aucune façon politique, mais spirituel. Transformer le monde, oui. Mais de l’intérieur, par la conversion des cœurs, qui doit nécessairement entraîner le reste, si l’on vit avec cohérence, en unité de vie.
La voix d’un enfant qui balbutie
Ce 28 mars 1975, Josémaria fête le 50e anniversaire de son sacerdoce. Des « noces d’or » qu’il a voulu discrètes, dans l’intimité de ceux qui travaillent à Rome avec lui depuis des années. Et maintenant, il s’est mis en présence de Dieu. Il parle à ces personnes qui, comme lui, ont tout donné pour faire passer ce message de la sainteté au milieu du monde. Il rend grâces. Mais comme un enfant : « Je suis un enfant qui balbutie… », s’écrie-t-il. Dieu lui a donné cet immense programme à réaliser : mettre le Christ au sommet de toutes les activités humaines. Au soir de sa vie, il a fait beaucoup plus qu’un homme ordinaire n’aurait pu faire. L’Opus Dei est implanté en Europe, en Amérique, en Asie, en Afrique et en Océanie. Et pourtant, ses accents n’ont rien de triomphaliste. Il se voit comme un tout-petit, face à ce Dieu immense et qui l’a tant choyé. Il remercie, et il demande pardon.
Comme tous les saints, il se perçoit d’abord pécheur. Il mesure l’espace immense qui sépare la créature du modèle divin. Et celui qui a été saint, père spirituel et maître de saints, ne voit plus que son néant et ses défauts.
Le 6 octobre, à Rome, l’Église a proclamé solennellement la sainteté de cet homme, qui a su faire de sa vie ordinaire, de prêtre et de travailleur acharné au milieu du monde, une louange extraordinaire à Dieu. Ce pape, qui n’en finit pas de nous étonner, nous a proposé un homme humble et simple, qui aimait le pape et l’Église à la folie.
écrit par Silvestre Baudrillart
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17/06/2005
Une nouvelle
je reproduis ici une nouvelle retrouvee sur le net....
Marseille : La statue de saint Josémaria, par Louis Taddéi
Entretien avec Mgr Ellul
ROME, Mardi 14 juin 2005 (ZENIT.org) – Mgr Jean-Pierre Ellul, curé de la basilique du Sacré-Cœur de Marseille (cf. http://catholique-marseille.cef.fr) évoque la prochaine bénédiction de la statue de saint Josemaria Escriva de Balaguer en ce mois du Sacré-Cœur et de la fête liturgique du saint, et tout particulièrement le travail du sculpteur, Louis Taddéi qui se dit non-croyant.
Zenit : Mgr Ellul, le cardinal Panafieu présidera samedi 18 juin la bénédiction de la statue de Josémaria Escriva, fondateur de l’Opus Dei, au cours d’une concélébration eucharistique avec la participation de Mgr Xavier Echevarria, prélat de l’Opus Dei. Une statue aide-t-elle à la prière? Comment?
Mgr Jean-Pierre Ellul : Le texte qui sera placé sous la statue de St José Maria aidera certainement à le prier, même si les fidèles qui viennent prier dans notre basilique se tournent d'abord vers la statue de la Vierge Marie, Notre-Dame du Sacré-Cœur, qui occupe le centre de la chapelle. Celle de saint Josémaria qui y sera nouvellement érigée fera face au buste en bronze de Mgr de Belsunce qui consacra la ville et le diocèse de Marseille au Sacré-Cœur de Jésus, lors de la grande peste de 1720, comme le rappelait d'ailleurs dans son homélie, le cardinal Bernard Panafieu, archevêque Métropolitain de Marseille, lors de la messe du vœu des Échevins, le vendredi 3 juin dernier. Nous vénérions en même temps, mais dans la discrétion, car elle n'est encore béatifiée, le cœur d' Anne-Madeleine Remuzat, visitandine de Marseille, morte le 15 février 1730, à qui nous devons les révélations faites à Mgr de Belsunce et certaines invocations des litanies du Sacré-Cœur.
Zenit - Pourquoi cette statue ici, à la basilique du Sacré-Cœur? Quel lien avec ce saint?
Mgr Jean-Pierre Ellul : C'est sur une demande des responsables de la maison de l'Opus Dei de Marseille qui est sur notre paroisse. Nous avons pu répondre positivement, après que le Père de Rochebrune, responsable de l'Œuvre pour la France, depuis Paris, en a demandé l'autorisation au Cardinal Bernard Panafieu, qui a accepté que la statue soit placée dans notre basilique.
Puis il a fallu trouver l'artiste. Retenu par les Amis de Josémaria Escriva, parmi 20 artistes, Louis Taddéi, un marseillais du quartier d'Endoume, a sculpté une œuvre inédite "qui vient de l'intérieur" ; "c'est dur, dit-il de faire un portrait vivant, en lui gardant l'air serein de celui qui a la réponse à toutes les questions... Sans le connaître, je crois l'avoir un peu compris... Car c'est dur, de passer de la photo à deux dimensions à la sculpture à trois dimensions... Ce qui m'a frappé chez St Josémaria, c'est tout le personnage, son aura. Il apportait la parole, il avait la solution, ce que peu de gens ont, et il était certainement humble... J'aurais aimé converser avec lui... Moi qui ne suis pas pratiquant, je ne sais pas si je suis croyant... Mais je crois aux hommes et lui, je crois en lui. Pendant tous les mois où j'ai fait ce travail, je ne me suis jamais énervé, j'ai toujours été très calme et très serein... Par le biais de la commande, je me suis intéressé à ce qu'il a fait, j'ai lu des livres, vu des films..."
Et lorsque l'on demande à Louis Taddéi :"quelle impression gardez-vous de ce travail près de Josémaria ? Il répond : "Je ne voulais pas me séparer de lui... et moi qui suis plutôt extraverti, je parlais plus bas pour être avec lui, et ne pas le perdre. Maintenant il va falloir se détacher de cette statue, comme d'un enfant. Mais je sais que je peux aller la voir, au Sacré-Cœur du Prado à Marseille." Ce témoignage a été publié dans « Tous les Chemins », la Lettre des amis de Saint Josémaria (juin 2005, n°4).
Zenit : Nous sommes au mois du Sacré-Cœur et l'enseignement de saint Josemaria s'adresse tout particulièrement aux laïcs: comment vivre aujourd'hui le message du Cœur du Christ, au-delà des images sulpiciennes?
Mgr Jean-Pierre Ellul : Eh bien ! je reprendrais les paroles du Pape Benoît XVI. Il rappelait il y a quelques jours lors de l'Angélus du 5 juin dernier : "Dans le langage biblique, le "cœur" indique le centre de la personne, le siège de ses sentiments et de ses intentions. Dans le cœur du Rédempteur, nous adorons l'amour de Dieu pour l'humanité, sa volonté de salut universel, son infinie miséricorde. Rendre un culte au Sacré-Cœur du Christ signifie donc adorer ce Cœur qui, après nous avoir aimés jusqu'au bout, fut transpercé par une lance et duquel jaillirent, du haut de la Croix, sang et eau, source intarissable de vie nouvelle.
D'ailleurs dans "Tous les Chemins", je répondais à la question posée : Mgr Ellul, la spiritualité de saint Josémaria peut-elle aider vos paroissiens, par ces paroles : "Je le pense : la sainteté que recherche la spiritualité de saint Josémaria est celle de tous les baptisés, mise en œuvre dans leur vie ordinaire. Quand je vois la vie chrétienne authentique de jeunes et d'adultes du quartier qui fréquentent les activités de l'Opus Dei, inspirées par sa spiritualité, je comprends l'aide qu'elle apporte. C'est un chemin de vie pour des hommes et des femmes pris tels qu'ils sont ; un moyen de faire rayonner l'Evangile dans le monde, sans ostentation".
Zenit : Que faut-il attendre de cet événement?
Mgr Jean-Pierre Ellul : Un surcroît de grâce, pour être toujours disponible lorsque le Seigneur nous appelle. Il est vivant, il est ressuscité. Nous sommes baptisés. L'Esprit Saint nous montre le chemin qui nous conduit vers le Père, pour être ensemble témoins de son amour. En cette année eucharistique, ou des temps d'adorations sont proposés tous les jours dans notre basilique du Sacré-Cœur et plus particulièrement le mardi soir avec la communauté du Cœur de Jésus, et le jeudi pour l'Heure Sainte, nous nous mettons à l'écoute du Seigneur dans un dialogue ininterrompu, pour repartir évangéliser et comme le fit saint Josémaria, nous sommes sûrs, en lui tenant la main, d'être sur la route de la sainteté.
ZF05061407
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14/06/2005
Un de mes nombreux lecteurs....
Mon blog connait un certain succès!...
Un de mes lecteurs me suggère un site à inclure, c'est celui ci:
www.josemariaescriva.info
Il me précise que le 26 juin, c'est la fête de saint Josemaria Escriva, le fondateur de l'Opus Dei...
Alors, allez voir ce site: c'est vrai qu'il est sympathique...
A bientôt
Henri Mondion
17:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/06/2005
Une info sympa
D'après le site crétienté.info....
Une statue du fondateur de l’Opus Dei installée au Sacré-Coeur à Marseille
Une statue grandeur nature du fondateur de l’Opus Dei, saint Josemaria Escriva, sera installée dans la basilique du Sacré-Coeur à Marseille, la première dans une église en France, dans le cadre des cérémonies du 30ème anniversaire de son décès, a annoncé vendredi l’Oeuvre.
La cérémonie, durant laquelle le cardinal Bernard Panafieu, archevêque de Marseille (Bouches-du-Rhône), bénira la statue, se tiendra samedi 18 juin à 19H00, a précisé un porte-parole du diocèse.
Dans un communiqué, l’Opus Dei ajoute que des messes seront célébrées dans une douzaine de villes avec des cérémonies présidées par plusieurs évêques, notamment à Lyon par le cardinal Philippe Barbarin, à Toulouse par Mgr Emile Marcus, à Bordeaux par l’évêque auxiliaire Mgr Jean-Claude Hertzog.
A Paris, une messe sera célébrée le 20 juin à Saint-Honoré d’Eylau (XVIe arrondissement) par l’abbé Antoine de Rochebrune, vicaire de l’Opus Dei en France.
Le fondateur de l’Opus Dei était décédé le 26 juin 1975 à Rome, où il s’était installé en 1946. Jean Paul II l’avait canonisé en 2002, 27 ans seulement après sa mort, lors d’une célébration à laquelle assistaient plus de 40 cardinaux.
L’Opus Dei compte actuellement 84.000 membres, dont 1.900 prêtres. En France, il compte environ 1.500 membres et coopérateurs, dont 27 prêtres, et propose des activités de formation spirituelle dans une trentaine de diocèses.
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11/06/2005
Le fondateur de l'Opus Dei: un peu d'histoire
C'est un peu long, mais ça mérite d'être lu: un article de la Nouvelle Revue de Théologie sur le fondateur de l'Opus Dei pendant la guerre civiile espagnole.....
Le fondateur de l’Opus Dei dans la guerre d’Espagne (Josémaria Escriva de Balaguer, 1902-1975)
Nouvelle Revue Théologique (Tome 127 n°l janvier-mars 2005)
24, bld Saint-Michel. 1040 BRUXELLES
Les lettres et carnets du fondateur de l’Opus Dei, Josémaria Escriva, révélés récemment par un de ses biographes, Andrés Vazquez de Prada, témoignent du vécu des catholiques espagnols au temps de la Deuxième République, jusqu’à sa chute à l’issue de la guerre civile. Ils apportent aussi un éclairage inédit sur les premières années de l’Opus Dei, que certains ont prétendu lier à cette période de l’histoire d’Espagne ou à celle qui a suivi, au risque de tomber dans l’anachronisme et l’amalgame.
Une période historique ne s’appréhende pas seulement par les grands événements, mais aussi par les témoignages de ceux qui l’ont vécue. L’histoire personnelle de Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), a coïncidé un temps avec celle de la Deuxième République espagnole (1931-1939), morte d’une guerre civile. On a longtemps voulu assimiler l’Opus Dei, qu’il avait fondé huit ans plus tôt, au régime qui suivit, en raison des charges ministérielles qui devaient être assumées par certains de ses membres à partir de la fin des années 50. Mais les faits et gestes du fondateur à l’époque dramatique dont nous parlons ne concernent pas tant cette institution qu’ils n’éclairent la situation des catholiques espagnols dans leur ensemble.
Lorsque la guerre éclate, Josémaria a trente-quatre ans. Il est prêtre depuis onze ans. Né à Barbastro, dans le Haut-Aragon, c’est à l’âge de seize ans qu’il est entré au séminaire de Logroño, où sa famille était venue s’installer.
Devenu prêtre pour pouvoir répondre plus aisément à un appel de Dieu à entreprendre «quelque chose», il n’en avait distingué clairement les contours que le 2 octobre 1928, alors qu’il se trouvait à Madrid depuis plus d’un an, en charge de l’aumônerie d’une Fondation pour les malades. En ce deuxième jour d’une retraite, il avait «vu» la nécessité d’ouvrir dans l’Église une nouvelle voie, qu’emprunteraient de nombreux chrétiens pour rechercher la sainteté au cœur du monde et en appeler d’autres à se sanctifier et à sanctifier leur profession, leur vie de famille, toutes les activités humaines. Après un court temps d’hésitation, il avait cherché des étudiants (et à partir de février 1930, des jeunes femmes) susceptibles de s’engager dans cette grande aventure.
L’Espagne connaît alors de grandes tensions sociales. Son niveau de développement est celui de la France de 1898. La monarchie est fragile. Le général Primo de Rivera, appelé en 1923 par Alphonse XIII pour tenter un redressement, a dû se retirer en 1930, sous la pression de l’opinion. Le 14 avril 1931, la gauche obtient une victoire symbolique aux élections. Le roi s’exile. La République est proclamée.
Une bonne partie des catholiques appuie le nouveau régime. Mais les socialistes et les radicaux, majoritaires après les élections législatives et constituantes de 1931, limitent les activités de l’Église. Les religieux ne peuvent plus enseigner. Les membres de la Compagnie de Jésus doivent s’exiler. Fin 1933, une majorité de centre et de droite s’efforce de modérer l’application des lois anticléricales. À partir d’octobre 1934, les partis et les syndicats révolutionnaires harcèlent le gouvernement. Une rébellion est écrasée dans les Asturies. Lorsque le Front populaire gagne les élections législatives de février 1936, le régime se radicalise encore davantage.
Josémaria Escriva avait vécu douloureusement les mesures prises en 1931 contre les religieux, notamment l’expulsion des jésuites (il a une grande vénération pour saint Ignace et son confesseur est un Père de la Compagnie). En 1936, conscient des responsabilités qu’il assume vis-à-vis de ce qu’il considère comme une «Œuvre de Dieu», il veut développer celle-ci en Espagne et ailleurs. «Je ressens la nécessité, l’urgence d’ouvrir des maisons en dehors de Madrid et en dehors de l’Espagne, écrit-il le 13 février. Je sens que Jésus veut que nous allions à Valence et à Paris. Et une campagne de prière et de sacrifices a déjà commencé, pour jeter les bases de ces deux installations»1 .L’évêque de Madrid, Mgr Eijo y Garay l’encourage dans ces projets.
Une centaine d’étudiants gravitent autour de la résidence qu’il a ouverte. Quelques-uns d’entre eux se sont engagés dans l’Opus Dei. Quelques femmes le suivent aussi de leur côté. L’idée de chercher la sainteté au milieu du monde, sans abandonner leurs occupations professionnelles, a enthousiasmé ces jeunes. Leurs engagements politiques sont très divers, voire opposés (il y a notamment parmi eux des Basques, attachés à la République et à leurs libertés régionales). Mais leur «dénominateur commun», c’est la foi chrétienne et le désir de vivre l’idéal proposé par Josémaria Escriva et de le propager autour d’eux.
«Le Père», comme ils l’appellent, leur dit sans cesse que l’Opus Dei n’a pas été fondé pour telle ou telle classe sociale, à un moment donné: «Nous devons toujours être face à la multitude, car il n’est pas de créature humaine que nous n’aimions, que nous ne nous efforcions d’aider et de comprendre. Toutes nous intéressent, car toutes ont une âme à sauver»2 . Il n’a pas été non plus inspiré par le simple souci de réagir aux événements. L’Opus Dei, expliquait-il en 1934 à ceux qui le suivaient, n’a pas été imaginé par un homme «pour résoudre la situation lamentable de l’Église en Espagne depuis 1931 (...) Nous ne sommes pas une organisation née des circonstances (...) Nous ne venons pas répondre à un besoin particulier d’un pays ou d’une époque déterminée ; le Seigneur veut que son Œuvre soit, dès le premier instant, radicalement universelle, catholique» 3. Le lien qui vous unit, insistait le fondateur, «est de nature exclusivement spirituelle... Ce qui exclut toute idée ou toute visée politique ou partisane» 4. Seule compte pour lui la force de l’appel à se sanctifier dans le monde et à sanctifier le monde.
Le soulèvement militaire
Dans les premiers jours de juillet 1936, tandis que la résidence est transférée au n° 16 de la rue Ferraz, en face d’une caserne qui sert de dépôt d’armes, le Cuartel de la Montaña, deux membres de l’Opus Dei se rendent à Valence pour y chercher une maison. Le 17, ils apprennent qu’un soulèvement militaire vient de se produire à l’instigation du général Mola. Le 18 juillet, le général Francisco Franco qui commandait aux Canaries, se rend au Maroc où il prend la tête de l’armée d’Afrique. Le premier octobre, il cumulera tous les pouvoirs.
À Madrid, le 19 juillet, le Cuartel de la Montaña est pris d’assaut par des miliciens. Tard dans la nuit, des coups de feu sont encore échangés. Au lever du jour, une intense canonnade prélude à l’assaut de la caserne. Des balles ricochent sur la façade de l’immeuble. Le Père et deux jeunes qui l’accompagnent traversent une foule de miliciens brandissant des fusils. Il se réfugie chez sa mère, dans un immeuble proche. On entend sur les toits les pas des miliciens qui cherchent les tireurs embusqués. Il prend des nouvelles de tous, prie, tente de rassurer sa famille. Sur le cahier qu’il tient, on lit son inquiétude sur le sort des premiers membres de l’Opus Dei et sa douleur de ne plus pouvoir dire la messe. Il apprend que son église rectorale a brûlé. Le 19 et le 20 juillet, trente-quatre bâtiments religieux sont incendiés et une dizaine d’églises sont pillées à Madrid 5. La chasse aux prêtres s’organise. Un ami de Josémaria, le Père Pedro Poveda, fondateur de l’Institution thérésienne, est assassiné le 28 6.
Le 8 août commence pour le fondateur une longue pérégrination dans Madrid, à la recherche de refuges sûrs. Les premiers membres de l’Opus Dei se trouvent soit dans les zones tenues par les insurgés (les «Nationaux»), soit dans celles des «Républicains». Dans le deuxième cas, ils n’ont pas intérêt à dire qu’ils sont catholiques pratiquants, car ils peuvent être arrêtés de ce fait.
Le 14 août 1936, alors que l’Espagne est divisée en deux zones inexpugnables, Pie XI fait part de son angoisse: «On dirait qu’un plan satanique a ravivé dans l’Espagne voisine, de façon encore plus vive, cette flamme de haine et de persécution ouvertement déclarée et qui semble dirigée vers l’Église et la religion catholique» 7.
Le 7 octobre, on réussit à faire entrer don Josémaria dans une clinique psychiatrique où sont déjà cachées plusieurs personnes. Pour ne pas être dénoncé par les infirmières, il doit jouer les malades mentaux. À la mi-mars de l’année suivante, don Josémaria, accompagné de son jeune frère, gagne la légation du Honduras, où il est rejoint par trois membres de l’Opus Dei. D’autres trouvent refuge également dans des légations, ou sont emprisonnés.
Don Josémaria reste en contact avec ceux qu’il accompagnait spirituellement, par l’intermédiaire du plus ancien membre, l’ingénieur Isidoro Zorzano. Il envoie aussi des lettres sommairement codées où, pour déjouer la censure et ne pas mettre en danger la vie de ses correspondants, il apparaît comme un «grand-père», qui écrit à ses «petit-fils».
Dans l’ambiance confinée et tendue de la légation, où d’autres personnes sont réfugiées, Josémaria et ses compagnons, entassés dans une pièce, donnent un exemple de sérénité, s’abstenant de s’associer aux manifestations de joie qui saluent les victoires des Nationaux. On l’entend parfois murmurer: «C’est horrible, c’est une tragédie!» 8Il prie intensément et offre des pénitences très dures pour obtenir que la paix revienne.
Depuis le mois d’octobre 1936, les milices révolutionnaires tiennent le haut du pavé dans les zones contrôlées par les Républicains. Les Brigades internationales, créées par le Komintern, sont venues renforcer l’armée gouvernementale. Les tchékas, tribunaux révolutionnaires d’exception, ont proliféré, jusqu’à ce que les communistes, prenant le contrôle de la Junte de défense de Madrid, imposent leur ordre. Au printemps de 1937, ils s’allient aux socialistes pour éliminer physiquement une partie des anarchistes. Ils seront bientôt maîtres du pouvoir, alors que les Nationaux sont aux portes de la capitale.
Prêtre clandestin dans Madrid
À la fin du mois d’août 1937, muni d’un document qui le présente comme intendant de la légation du Honduras, le Père sillonne à ses risques et périls les rues de Madrid, apportant réconfort et donnant la communion à des personnes qui n’ont pas vu de prêtre ni assisté à la messe depuis plus d’un an. Il porte le Saint-Sacrement dans un étui à cigarettes placé dans une housse aux couleurs du Honduras. Il continue aussi de former et d’assister les membres de l’Opus Dei qui se trouvent à Madrid, et tente d’obtenir des nouvelles de ceux qui sont dispersés en différents points du territoire, là où l’insurrection de juillet 1936 les a trouvés.
Toute imprudence peut lui être fatale. Les prêtres constituent 18% de ceux qui ont été arrêtés, puis fusillés, lors de ce que l’on appelle pudiquement les «promenades», autrement dit les arrestations à domicile suivies d’exécutions immédiates. Plus d’un quart des prêtres jugés par les tribunaux populaires seront considérés comme des ennemis du régime 9.
L’été 1937, le retentissement international d’une lettre collective des évêques espagnols a pour effet de freiner quelque peu les persécutions. Les catholiques basques, protégés par un statut d’autonomie, continuent, eux, de célébrer publiquement leur culte. On trouve même un ministre catholique de la Justice, le basque Manuel Irujo, dans le gouvernement Negrín, formé en mai.
Le 9 janvier 1937, le même Irujo avait présenté au président Largo Caballero un mémorandum destiné à le convaincre, preuves à l’appui, que la persécution religieuse causait du tort à la jeune République espagnole. Le gouvernement n’ayant pas donné suite à ses propositions de liberté de culte, il revient à la charge le 31 juillet, en présentant un nouveau projet au cabinet Negrín, qui décide de ne rien faire. C’est seulement le 30 avril 1938 que le gouvernement, pour essayer d’améliorer son image sur la scène internationale, manifestera publiquement sa volonté de respecter la liberté de conscience et d’assurer le libre exercice des croyances et des pratiques 10. Mais cette déclaration restera de pure forme. Depuis l’été 1937, les Républicains ont perdu leur supériorité numérique. Les forces s’équilibrant, le conflit risque de durer.
Le Père apprendra la mort au front de deux de ceux qui s’étaient engagés dans l’Opus Dei. On lui annonce aussi que l’on aurait pendu près du domicile de sa mère un passant que l’on aurait pris pour lui. Dans une lettre aux membres qui sont restés à Valence, il y fait allusion avec détachement: «Imaginez la tête du grand-père [lui-même] apprenant une pareille nouvelle [...] Qu’aurait-il souhaité de plus, le pauvre, lui qui était moribond dans un bon lit d’une clinique de luxe! [allusion à son dernier refuge]. Ou plus exactement: cette façon de mourir (normale, sans bruit ni spectacle), comme un cochon de bourgeois, est bien plus en accord avec sa vie, son œuvre et son chemin. Mourir comme ça — Ô, don Manuel [mis ici pour Dieu] —, mais fou, du mal d’Amour» 11. «Jamais, ni avant ni après 1936, écrira-t-il le 31 mai 1943, je ne suis intervenu directement ni indirectement en politique: si j’ai dû me cacher, traqué comme un criminel, ce n’est que pour confesser ma foi, même si le Seigneur ne m’a pas jugé digne de la palme du martyre. En l’une de ces occasions, on a pendu, en face de la maison où nous vivions, un homme qui avait été pris pour moi» 12.
Les 20 et 21 septembre 1937, il prêche une retraite à sept jeunes gens. Par mesure de prudence, les retraitants passent d’un appartement à un autre après chaque causerie d’une demi-heure. Il prêche également à des religieuses, qui se cachent dans des appartements.
En dépit de l’échec de ses tentatives pour fuir la capitale, le fondateur reste optimiste quant à l’avenir des apostolats de l’Opus Dei: «Grâce à don Manuel, nous ne pouvons pas douter du succès de l’affaire que dirige notre famille», écrit-il, toujours en langage codé, à Valence, le 25 août. Il ajoute: «Bien sûr, il y aura des contretemps, mais les hommes grandissent devant les obstacles. Allons, allons! D[ieu] et audace, n’est-ce pas? Eh bien, vivons à tout instant, dans l’assurance du succès». Il parsème sa correspondance de «Don Manuel en sait plus long», tout en envisageant la possibilité de sa disparition (il recommande de poursuivre «l’affaire familiale», pour le cas où lui-même serait amené à «laisser filer la corde»).
Le chemin de la liberté, à travers les Pyrénées
Mais Josémaria Escriva doute de la conduite à tenir: rester à Madrid pour s’occuper des membres qui y demeurent, mais sans liberté de mouvement et au risque du martyre ; ou passer dans la zone nationale pour tenter de retrouver les autres et poursuivre son apostolat au grand jour. Il a beau prier et réfléchir, il n’arrive pas à déterminer où est son devoir.
Il apprend qu’il est possible de rejoindre l’autre zone en passant par les Pyrénées et la France. La frontière est étroitement surveillée et l’on fusille les fuyards quand on les capture. Le Père se décide pourtant. Le 6 octobre, après s’être procuré des papiers d’identité, il se rend à Valence avec un membre de l’Opus Dei, Juan Jiménez Vargas. Avec deux autres, il gagne Barcelone, où cinq jeunes gens les rejoindront, pour une expédition qui durera vingt-trois jours, à partir du 16 novembre 1937. En plusieurs étapes, de plus en plus éprouvantes, ils gagnent à pied la montagne puis, guidés par des passeurs, ils franchissent vallées et monts escarpés, par des chemins de contrebandiers et de muletiers. À plusieurs reprises, le fondateur sera de nouveau confronté au dilemme: continuer ou revenir sur ses pas? Une certaine nuit, le débat de conscience est si dramatique qu’il n’en sort que grâce à ce qu’il considère comme un signe transmis par la Vierge. Dès lors, il se résout à poursuivre son chemin, certain désormais d’accomplir ainsi la volonté de Dieu.
Après avoir escaladé les flancs de plusieurs sommets, ils pénètrent en Andorre le 2 décembre. De là, ils traversent la frontière française le 10 décembre et font étape à Saint-Gaudens. Le lendemain, après une messe à Lourdes, l’expédition se disperse, ayant franchi la frontière à Hendaye.
Don Josémaria fixera bientôt sa résidence provisoire à Burgos, où certains de ses fils viendront le rejoindre par périodes ou à la faveur de permissions.
À Burgos
Le Père a obtenu du vicaire général de Madrid un feu vert pour poursuivre son apostolat, qu’il lui a exposé en détail, afin qu’il en informe l’évêque, Mgr Eijo y Garay, replié à Vigo en Galice. C’est à ce moment que les deux ecclésiastiques prennent vraiment conscience de la dimension de don Josémaria en tant que fondateur.
Il se trouve que celui-ci connaît à Burgos de nouveaux doutes, sur fond d’épuisement et de maladie. Il ne cesse pourtant de correspondre avec les jeunes gens qu’il a dirigés avant la guerre, de rendre visite à certains d’entre eux au front, au terme de voyages éprouvants en chemin de fer. Le 7 juin 1938, il se trouve même aux portes de Madrid, où un jeune lieutenant a été blessé. Des combats acharnés se déroulent alors sur plusieurs fronts, entre autres celui de Teruel et celui du nord de l’Aragon. En mars 1938, les Nationaux ont mené une offensive en direction de la Méditerranée. En juin, ils s’emparent de Castellon.
Josémaria Escriva, redoutant d’être mêlé au combat alors qu’il est prêtre, a décliné la proposition qui lui a été faite de devenir assesseur juridique militaire au Service des Affaires ecclésiastiques, ce qui lui aurait permis de se rendre plus facilement sur les différents fronts. Il continue de s’abstenir de tout commentaire susceptible de susciter des divisions et d’occulter le message qu’il porte. Sa manière de réagir à la guerre est de prier et de se livrer à des pénitences et à des jeûnes littéralement extraordinaires, en réparation pour les horreurs commises.
Le sort et la persévérance de ceux qui se sont engagés dans l’Opus Dei avant la guerre constituent son grand souci. Il écrit dans un cahier, le 17 janvier 1938: «Je célèbre le Saint Sacrifice pour moi, prêtre pécheur (…) Et dans l’action de grâces, brève et distraite pourtant, j’ai bien vu que c’est de mon amour et de ma foi, de ma pénitence, de ma prière et de mon activité que dépend en grande partie la persévérance des miens et, même maintenant, leur vie terrestre» 13.
Le conflit se prolonge. Le fondateur pense au moment où il pourra rentrer à Madrid, fonder une nouvelle résidence, former des étudiants, d’où viendront des vocations, en Espagne et dès que possible dans d’autres pays. Sa correspondance et ses notes intimes révèlent que les événements n’infléchissent en rien sa fidélité à la mission reçue. Son horizon demeure le monde.
À Burgos, il fait la connaissance d’ecclésiastiques, de professeurs d’université, d’hommes de professions très diverses auxquels il parle de l’appel adressé à tous à chercher la plénitude de la vie chrétienne au milieu des occupations ordinaires et à transformer la société grâce à la force de l’Évangile. Aux heures les plus sombres, le fondateur ne perd jamais sa confiance dans l’avenir de cette «Œuvre» qui pour lui n’a jamais cessé d’être «de Dieu».
Le 26 mai 1937, alors qu’il crache le sang, il note: «Je ne crains pas la mort, malgré ma vie pécheresse, car je me souviens de ton Amour: le typhus, la tuberculose ou une pneumonie..., ou encore quatre balles dans la peau. Qu’importe!» 14À l’évêque de Vitoria, il confie qu’il a besoin de «cinquante hommes qui aiment Jésus-Christ par dessus tout» 15. «Comme j’ai hâte que cette guerre finisse!», confie-t-il à quelqu’un qui est au front. «Nous pourrons alors en commencer une autre, plus dure encore, peut-être, mais bien à nous. Et je crois qu’il nous faudra peut-être vivre des années de terribles restrictions. Qu’importe: si nous portons aussi au maximum nos efforts, le Seigneur nous tirera d’affaire avant, davantage et mieux que nous ne pourrions l’espérer» . Sa «guerre de paix», ce sera toujours et encore le combat intérieur, aboutissant à plus de sainteté et à l’éclosion de nombreuses vocations pour l’Opus Dei, dont l’expansion pourra alors reprendre, au service de l’Église.
Le 14 mars 1937, Pie XI publie une encyclique, Mit brennender Sorge, qui condamne clairement le nazisme. Elle ne sera publiée en Espagne qu’en 1938. Dès qu’il peut se la procurer, Josémaria Escriva se fait un devoir de la diffuser, voyant ses compatriotes plus sensibles au danger communiste qu’aux perversions du régime de Hitler 17.
Un épisode donne une idée du climat qui règne alors à Burgos. Pedro, un jeune membre de l’Opus Dei qui travaille au Quartier général, fils d’un «libéral», maire adjoint et président provincial du Front populaire d’Albacete, est soupçonné d’être un espion des «rouges» par un fonctionnaire originaire de cette ville du Levant espagnol. Dans ce contexte de guerre civile, une telle accusation est redoutable. Le 20 juillet 1938 au matin, l’abbé Escriva se rend au bureau du dénonciateur, qui campe sur ses positions: coupable ou non, le fils doit payer pour le père, crie-t-il, ulcéré de voir le jeune homme à l’arrière, alors que ses propres fils sont sur le front. «On aurait dû les fusiller, au lieu de les mettre en prison, quand Albacete était à nous!», ajoute le fonctionnaire, en pensant à tous ceux qui étaient alors suspects de sympathies républicaines. «Mais vous laisseriez à peine trois Espagnols vivants sur cent!», réplique le fondateur. Au milieu de l’après-midi, il apprend que l’accusateur a été terrassé par une crise cardiaque, juste après son départ. Pedro peut reprendre son travail 18.
La préparation de Chemin
Le fondateur part prêcher deux retraites au pays basque. Il complète amplement un livre de considérations spirituelles, déjà publié en 1934. Ses points de méditation, optimistes et toniques, sont un prolongement de la prédication de l’auteur depuis le début des années trente. C’est tout un plan de vie chrétienne qui est proposé à des chrétiens plongés dans le monde. Il n’y est fait qu’exceptionnellement allusion à la guerre, et pour en tirer des leçons ascétiques: la purification imposée par l’épreuve et l’appel à se donner pour de bon 19. Escriva ne parle que de prière, de vie eucharistique, de piété mariale, d’abandon à la volonté de Dieu, de lutte intérieure, d’esprit d’enfance, d’amour de l’Église, etc. S’écartant du national-catholicisme régnant en Espagne à l’époque, il prône la compréhension mutuelle, la largeur de vue, appelle à l’initiative des laïcs, à un apostolat à la mesure du monde et dans tous les milieux… L’ouvrage sera imprimé à Valence, le 29 septembre 1939, sous le titre de Camino (Chemin).
La fin de la guerre
Fin 1938, la guerre entre dans sa phase la plus meurtrière, avec une puissante offensive des Républicains sur le cours inférieur de l’Èbre, suivie d’une contre-offensive des Nationaux. Le 10 octobre, trois jeunes gens qui se sont enrôlés à Madrid dans l’armée républicaine réussissent à traverser le front de Somosierra (province de Guadalajara). Parmi eux, Álvaro del Portillo, futur collaborateur immédiat et successeur du fondateur. Le 14, ils rejoignent celui-ci à Burgos.
L’abbé Escriva ne cesse de prier pour que le conflit cesse: «Prière, prière et prière: c’est là la meilleure artillerie» . Ses lettres restent empreintes de confiance: «Le mot qui doit être la caractéristique de votre état d’esprit pour la reprise des activités ordinaires d’apostolat, c’est Optimisme. Il est vrai que la révolution communiste a détruit notre foyer et dispersé les moyens matériels que nous avions réunis, au prix de tant d’efforts. Il est vrai également que notre entreprise surnaturelle a subi, en apparence, la paralysie de ces années de guerre. Et que la guerre a été pour certains de nos frères l’occasion de se perdre... À tout cela je vous réponds que, si nous ne nous écartons pas du chemin, les moyens matériels ne seront jamais un problème que nous ne puissions résoudre facilement, par notre propre effort ; que cette Œuvre bouge, vit, a des activités fécondes, comme le blé qu’on a semé germe sous la terre gelée» .
Le 5 février 1939, le président de la République, Manuel Azaña, quitte le territoire espagnol. Le 9, les troupes nationales prennent l’avantage sur l’armée républicaine dans les montagnes de Catalogne. Le 5 mars, un conseil de Défense se constitue à Madrid en vue de négocier avec Franco. La capitulation de l’armée républicaine du front central est signée le 28 mars à 13 heures.
Le fondateur de l’Opus Dei regagne la capitale dès ce jour. Après dix-huit mois de séparation, il retrouve sa mère, sa sœur et son frère, et les premiers membres de l’Opus Dei, qu’il exhorte «à pardonner, à oublier les torts et les souffrances subis, à les offrir au Seigneur» et à reprendre aussitôt leur apostolat dans leur milieu étudiant.
La résidence est détruite. On emménagera en juillet dans deux appartements destinés à en accueillir une nouvelle. La première expansion de l’Opus Dei va alors commencer, d’abord à Madrid puis à Valence, Valladolid, Barcelone, Séville. Bientôt ce sera le Portugal, l’Italie et d’autres pays d’Europe (France, Angleterre, Allemagne, Irlande).
L’après-guerre civile
Dans l’ambiance exaltée de l’après-guerre, Josémaria Escriva contribuera à éclairer les consciences sur le caractère anti-chrétien du nazisme, à une époque où, en Espagne, l’attaque de l’Allemagne contre l’URSS favorise l’aveuglement. Il tentera aussi de persuader tous ceux qui comme lui avaient souffert de la guerre, de la nécessité de pardonner et d’éviter de ranger les Espagnols en «rouges» ou «non rouges» (entendant cela, un chauffeur de taxi lui répondra que des gens comme lui auraient dû être fusillés pendant la guerre… 22).
Pie XII, dans un message radiodiffusé du 16 avril 1939, avait exhorté «les dirigeants et les pasteurs de la Catholique Espagne à éclairer l'esprit de ceux qui s’étaient laissés abuser, en leur montrant avec amour les racines matérialistes et laïcistes d'où procédaient leurs erreurs et leurs malheurs». Prenant Franco au mot, le pape ajoutait: «Et nous ne doutons pas, que tous ceux qui, comme des enfants prodigues, cherchent à regagner la maison du Père, seront accueillis avec bienveillance et amour. C’est à vous, vénérables frères, qu'il revient de conseiller les uns et les autres afin que tous, dans leur politique de pacification, suivent les principes inculqués par l'Église et proclamés avec tant de noblesse par le Généralissime: justice à l'égard du crime et bienveillante générosité à l'égard de ceux qui se sont laissés abuser» 23. Il y aura pourtant au moins 28.000 exécutions après la fin de la guerre et de nombreux Espagnols croupiront en prison durant des années 24.
La paix retrouvée et la liberté religieuse rétablie, les relations entre l’Église et le nouveau régime n’en sont pas pour autant exemptes de tensions. Des nominations d’évêques restent en suspens. Franco, tenant pour valable le concordat de 1851 naguère dénoncé par le gouvernement de la République, obtiendra de présenter lui-même les candidats à l’épiscopat. Les membres de l’Opus Dei, attachés comme leur fondateur à leur liberté d’opinion et d’action, refuseront d’être embrigadés collectivement dans le Mouvement national, créé en 1937 et officialisé après la guerre. Certains qui se présenteront à des concours pour des chaires universitaires, seront barrés par des professeurs qui répandront le bruit que l’Opus Dei veut s’emparer de l’Université espagnole. Cette opposition rassemblera paradoxalement des soutiens du régime et des universitaires «libéraux» ayant conservé leur poste après 1939 25.
L’abbé Escriva lui-même sera victime d’une campagne de dénigrement et dénoncé au Saint-Office, à Rome, au motif qu’il serait hérétique de proposer l’idéal de la sainteté aux laïcs. En 1941, dénoncé par des Phalangistes devant le tribunal de répression de la franc-maçonnerie comme instigateur d’une «association judéo-maçonnique», il est finalement relaxé. En ces temps de patriotisme exacerbé, toute suspicion de tiédeur vis-à-vis du régime peut avoir des conséquences graves pour ceux qui en font l’objet.
Josémaria Escriva laissera entendre plus tard que s’il s’était installé à Rome en 1947, c’était non seulement pour rester près du siège de Pierre après l’approbation pontificale de l’Opus Dei, mais aussi parce qu’il voulait prévenir les mauvaises interprétations que sa présence à Madrid aurait pu susciter. En tant que prêtre, il n’estimera pas avoir la compétence pour s’exprimer sur le régime autoritaire mis en place à la faveur de la guerre civile. C’était à la hiérarchie espagnole de se prononcer. Or celle-ci se contentera de combattre les dérives idéologiques du régime par un magistère d’influence qui ne sera d’ailleurs pas toujours bien admis. Même quand avec le temps, les évêques prendront distance à l’égard du régime, ils n’iront jamais jusqu’à interdire aux catholiques de collaborer avec lui.
Quelques membres de l’Opus Dei accepteront des responsabilités ministérielles dans la dernière période du franquisme, tandis que d’autres, au même moment, exprimeront leurs réserves, voire leur opposition vis-à-vis du régime, quitte à en subir durement les conséquences 26. Escriva laissera les uns et les autres s’engager comme bon leur semble. Mais il n’admettra jamais que l’Opus Dei soit utilisé ou présenté, à cette époque ou dans l’avenir, comme un réservoir politique ou un groupe de réflexion, ni comme un lobby. Il ne l’a pas fondé pour cela. Face aux événements, son attitude personnelle restera sacerdotale. Certes la paix est revenue. Mais il estimera que les mesures en faveur de l’Église ne donnent pas au personnel du régime le droit de monopoliser la représentation des catholiques dans la vie publique, non plus qu’à certains catholiques de se servir du pouvoir comme d’un bras séculier. Il protestera aussi contre l’abus consistant à peindre sur la façade des cathédrales l’écusson de la Phalange, avec la devise: «Tombés pour Dieu et pour l’Espagne» 27. Et il se refusera toujours à faire le salut fasciste pendant l’exécution des l’hymnes. Son comportement et ses écrits le montrent très attaché à la liberté individuelle, comme on peut le constater dans ces points de méditation, rédigés à plusieurs périodes de sa vie et inclus dans un livre posthume publié en 1986 sous le titre de Sillon :
C’est une triste chose que d’avoir une mentalité à la César et de ne pas comprendre la liberté des autres citoyens, dans les affaires que Dieu a laissées au jugement des hommes (313).
Si l’autorité se transforme en un autoritarisme dictatorial et que cette situation se prolonge dans le temps, on perd la continuité historique, les personnes qui gouvernent meurent ou vieillissent, des gens sans expérience de direction arrivent à l'âge mûr et la jeunesse, inexpérimentée et agitée, veut prendre les rênes: combien de maux! et combien d'offenses à Dieu (celles que l'on fait siennes et celles d'autrui) retombent sur celui qui fait un si mauvais usage de l'autorité! (397).
Ou encore cette sentence tranchante: Les hommes médiocres, médiocres tant par leur intelligence que par la médiocrité de leur esprit chrétien, quand ils sont investis d'une autorité, s'entourent de sots: leur vanité les persuade, à tort, que de la sorte ils ne perdront jamais leur pouvoir. Les sages, en revanche, s'entourent de personnes compétentes, qui allient le savoir et une vie droite et ils en font des hommes de gouvernement. Leur humilité ne les trompe pas, car, faisant grandir les autres, ils se grandissent eux-mêmes (968).
S’il est vrai que l’auteur a donné à ces réflexions une portée très générale, englobant la société civile, les institutions religieuses et les mouvements d’apostolat, il paraît impossible que l’observation de la situation politique dans son propre pays n’ait pu aussi les inspirer.
En tout cas, on peut rapprocher des troubles qui ont précédé la guerre civile (et des crises sociales et internationales dont il fut le témoin) cet autre commentaire de Sillon:
C'est par «le sentier d’un mécontentement juste» que les masses sont parties et qu'elles sont en train de partir. Comme cela fait mal!… Mais combien de gens déçus avons-nous fabriqués, parmi ceux qui se trouvent spirituellement ou matériellement dans le besoin! — Il faut introduire de nouveau le Christ parmi les pauvres et les humbles: c'est précisément chez eux qu’Il se trouve le plus à l’aise (228).
F – 75116 Paris
François GONDRAND
5, rue Dufrénoy
Diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris
Diplômé d’études approfondies d’espagnol (Université de Paris X)
***
1. Carnets intimes, n. 1315 (13 février 1936) et 1318 (28 février 1936), dans VAZQUEZ DE PRADA A., Le fondateur de l’Opus Dei, vol. 1, Seigneur, que je voie!, tr. G. Grenet, Paris, le Laurier, 2001, p. 580. Par la publication de ces Carnets et de lettres inédites, cet ouvrage en trois volumes renouvelle complètement le sujet.
2. Ibid. p. 299.
3. Instruction, 19 mars 1934, citée dans GONDRAND Fr., Au pas de Dieu, Josémaria Escriva, fondateur de l’Opus Dei, Paris, éd. France-Empire, 1991, p. 105.
4. Lettre, 9 janvier 1932, Ibid. p. 85.
5. CARR R., La tragedia española. La Guerra Civil en perspectiva, Madrid, Alianza, 1977, p. 111.
6. Jean-Paul II a canonisé le P. Poveda à Madrid le 4 mai 2003.
7. L’Osservatore Romano, 15 août 1936.
8. Témoignage de José Luis Rodríguez Candela Manzaneque, consul du Honduras, cité par VAZQUEZ DE PRADA A., Le fondateur de l’Opus Dei, vol. 2, Dieu et audace, Paris, le Laurier, 2003, p. 89.
9. Cf. Ibid. p. 22.
10. Cf. CERVERA GIL J., Madrid en guerra. La ciudad clandestina, 1936-1939, Madrid, Alianza, 1998, p. 225-6 et IRUJO M., Memorias, I y II, Un vasco en el Ministerio de Justicia, Buenos Aires, Ekin, 1944, p. 155-159.
11. Cf. VÁZQUEZ DE PRADA A., Le fondateur…, vol. 2 (cité supra, n. 8), p. 145-148.
12 Lettre du 31 mai 1943, n. 45, Ibid., p. 148.
13. VÁZQUEZ DE PRADA A., Le fondateur…, vol. 2 (cité supra, n. 8), p. 262-263.
14. Ibid. p. 286.
15. Ibid. p. 296.
16. Ibid. p. 300.
17. Cf. DEL PORTILLO A., Entretien sur le fondateur de l’Opus Dei, Paris, le Laurier, 1993, p. 31. C’est grâce à quelques bulletins ecclésiastiques et à la revue des jésuites Razón y fe que l’encyclique finira par être connue.
18. Cf. VÁZQUEZ DE PRADA A., Le fondateur…, vol. 2 (cité supra, n. 8), p. 321-328.
19. Cf. Chemin, 311: «La guerre est le plus grand obstacle dressé sur le chemin facile».
20. VÁZQUEZ DE PRADA A., Le fondateur…, vol. 2 (cité supra, n. 8), p. 360.
21. Ibid. p. 361-362.
22. Ibid. p. 410.
23. Cf. Acta Apostolicæ Sedis, vol. 31 (1939), p. 151-154.
24. Cf. La Guerra Civil. Una nueva visión del conflicto que dividió España, éd. S.G. PAYNE et J. TUSSELL, Madrid, Alianza, 1996, p. 598-604; MARTÍN RUBIO A.D., «Las pérdidas humanas (a consecuencia de la Guerra Civil española)», dans La Guerra Civil Española (setenta años después), éd. M. ALONSO BAQUER, Madrid, Actas, 1999, p. 321-365; REDONDO G., Política, Cultura y Sociedad en la España de Franco (1939-1975), t. 1, La configuración del Estado español nacional y católico (1939-1947), Pampelune, Eunsa, 1999, p. 105-108.
25. Cf. DEL PORTILLO Á., Entretien… (cité supra, n. 17), p. 36; COVERDALE J., La Fundación del Opus Dei, Barcelone, Ariel, 2002, p. 317-318.
26. Le fondateur de l’Opus Dei, alors qu’il résidait à Rome, demanda deux audiences à Franco, l’une en novembre 1953, pour défendre l’honneur (non les positions politiques) de Rafael Calvo Serer, démis de ses charges au Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique; l’autre en 1960, pour tenter de lever les obstacles mis à la reconnaissance comme université catholique de plein droit du studium generale qu’il avait fondé à Pampelune. Cf. DEL PORTILLO A., Entretien... (cité supra, n. 17), p. 37, 38, p. 257-258; VAZQUEZ DE PRADA A., Le fondateur de l’Opus Dei, vol. 3, Les chemins divins de la terre, Paris, 2004, ch. 22, note 172.
27 Cf. DEL PORTILLO A., Entretien… (cité supra, n. 17), p. 35.
28. Deuxième édition française, Paris 1998.
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09/06/2005
Extrait d'un article interessant
J'ai trouvé cet article intéressant. QU'en pensez-vous? EN voici un extrait...
Opus Dei, l'avant-garde de Dieu extrait du MONDEdu 03.10.02
Les pelouses sont grasses et les filets d'eau dévalent en cascade entre les vieilles pierres. La vigne vierge grimpe le long des bâtiments universitaires et offre l'ombre indispensable à cette fin d'été barcelonaise. Pas un papier ne jonche le sol, pas un graffiti ne couvre les murs. Les étudiants en costume gris anthracite gagnent l'amphithéâtre que domine un portrait en pied de Josémaria Escriva de Balaguer, fondateur de l'Opus Dei. Le nouveau saint de l'Église catholique, qui trône en grand chancelier d'université avec toge et collier, avait la manie du travail bien fait, du détail soigné, de la propreté absolue, de la ponctualité. L'IESE (Institut d'études supérieures de l'entreprise) ressemble à un hôtel colonial américain plus qu'à un campus. Dans cette business school recrutent à prix d'or tous les patrons de Catalogne. Elle compte plus d'un millier d'étudiants, espagnols ou étrangers. Raymond Barre, Michel Camdessus, des managers de Harvard y ont leurs entrées. "C'est une grande école de commerce. Avec une âme en plus", résume Nuria Chinchilla, surnuméraire – membre non célibataire – de l'Opus Dei.
Imaginons en France une école aussi prestigieuse qu'HEC propriété d'une institution religieuse ! L'Espagne ne s'étonne pas. L'Opus Dei y compte l'une de ses meilleures universités, celle de Navarre, à Pampelune, qui enseigne la médecine, le droit, le journalisme. Sans esprit de secte : le sésame de l'Opus n'est pas exigé pour s'inscrire ni pour enseigner. De telles universités, l'Opus Dei en compte à Bogota, Mexico, Buenos Aires, Santiago, au Pérou, aux Philippines, au Nigeria, sans oublier l'université pontificale de la Sainte-Croix à Rome, d'où sortent chaque année des armées de jeunes prêtres en col romain. Mainmise sur les meilleurs cerveaux ? Reconquête intellectuelle ? Que n'a- t-on dit de l'élitisme d'un ordre qui avait débuté dans les quartiers miséreux de Madrid ? Antonio Argandona, professeur d'éthique à l'IESE de Barcelone, numéraire (membre célibataire) de l'Opus, corrige : "Toutes les affaires de corruption, comme Enron, montrent que la compétence technique d'un chef d'entreprise ne suffit plus. Dans notre école, l'éthique n'est pas une discipline à part. Elle intègre tous les processus de décision : le marketing, la publicité, les prix, la relation professionnelle."
Josémaria Escriva, fils d'une petite bourgeoisie commerçante, naît le 9 janvier 1902 à Barbastro, dans l'Aragon. Église fête son centenaire et, dimanche 6 octobre, elle le canonise. Mais jamais, à l'époque moderne, un saint n'eut une carrière aussi peu rectiligne, une œuvre autant contestée. Ce prêtre sans charisme apparent, tôt grossi par le diabète, souffreteux, dévot de la vierge et des saints, pas sportif pour un sou, serein, bavard et plein d'humour, écartait les bras, au moment de l'eucharistie, comme le Christ sur la croix. Pendant cinquante ans, son œuvre a traîné une réputation de "secte maçonnique", de "sainte mafia". Aujourd'hui, elle est en pleine réhabilitation en Espagne, en progression dans le tiers- monde : 84 000 membres (moins de 2 000 dans une France plutôt rétive), des prêtres et des laïcs mariés – les surnuméraires –, célibataires – les numéraires – et agrégés non soumis à la vie commune. Au risque d'agacer, Jean Paul II a taillé pour l'Opus Dei, en 1982, un statut d'exception : une "prélature personnelle", diocèse sans territoire à la taille de la planète. Il en a fait l'avant-garde de la "rechristianisation" de l'Espagne, de l'Europe et du monde.
Le 29 décembre 1939 à Barcelone, les plaies de la guerre civile sont encore à vif. Avec ses amis, Josémaria Escriva débarque à l'Hôtel Victoria, près de la place de Catalogne. L'Opus Dei – l'Œuvre de Dieu – est née onze ans plus tôt, le 2 octobre 1928. Ce jour-là, à Madrid, le jeune prêtre classe des notes et il a subitement la révélation de son destin. Pour les dévots de l'abbé Escriva, c'est une intuition d'ordre divin : les prêtres, les religieux, les missionnaires ne sont pas seuls appelés à la sainteté. Tout homme, toute femme, sans vocation particulière, dans sa "vie ordinaire", peut être non seulement sauvé, mais devenir saint. Un saint "dans le monde", pas seulement au presbytère et au couvent. Un saint boulanger ou coiffeur, chef d'entreprise, femme de ménage ou blanchisseur. Sanctifier sa vie personnelle, son travail, sa famille et les plus humbles tâches de la vie, c'est sanctifier le monde. Dans l'Espagne ultracléricale de l'époque, ce discours est radicalement nouveau.
Dès 1941, au siège de la Deputacion de Barcelone, dans des autodafés, on brûle Chemin (Camino), le manuel de spiritualité en neuf cent quatre-vingt-dix-neuf points de José Maria Escriva, aujourd'hui best-seller mondial. Des manifestants défilent dans les rues aux cris d'"Opus no". Les familles, les paroisses, les universités, Église se divisent. Court une légende selon laquelle les membres de l'Opus se font crucifier sur les croix de bois noir qui ornent l'entrée de leurs locaux et oratoires. L'Opus passe pour une "secte hérétique", d'autant plus perverse qu'outre les exercices de charité, de mortification et de piété, elle prône le célibat et la chasteté. Prêtre déviant, Escriva doit emprunter le nom de Balaguer. C'est le temps des "persécutions", venues de jésuites qui dirigent les puissantes congrégations mariales, et pour qui vouloir devenir saint "dans le monde" est pure folie, et de la Phalange fasciste, qui n'aime jamais tant Église qu'ordonnée et soumise. Escriva de Balaguer comparaîtra en 1941 devant un tribunal franquiste de répression de la maçonnerie, mais le procureur n'aura guère de peine à démontrer que la maçonnerie ne pratique pas la chasteté ! Face à ces campagnes, le futur saint dévide son catéchisme : travaillez, priez, souriez et taisez-vous !
Les polémiques visant l'Opus Dei ne désarmeront pas jusqu'à la béatification-express d'Escriva en 1992, dix-sept ans seulement après sa mort. Statut privilégié, culte du secret et de la personnalité : ce procès recouvre celui de la collaboration avec le franquisme. Car, au début des années 1960, des "opusiens" célèbres ont frayé avec le gouvernement du caudillo : l'économiste Alberto Ullastres, Laureano Lopez Rodo, professeur de droit administratif, Gregorio Lopez Bravo sont appelés par Franco pour redresser le pays. On les appelle les "technocrates". Compétents, sérieux, ils agissent "en citoyens", sans engager l'Œuvre, et font le pari d'une ouverture du régime. Josémaria Escriva les laisse faire. Il est à Rome où, jusqu'à la fin de sa vie, il bataille pour faire reconnaître son œuvre et travailler à son expansion. Il est résolument antifranquiste, mais répète que, dans ses veines, coule un quart de sang français qui lui donne par-dessus tout le goût de la liberté. Pas question d'intervenir dans les options politiques de ses "fils".
Sur cette période tourmentée, l'Opus Dei tarde encore à faire la clarté. Jaume Aurell, historien, admet que le péché des "technocrates" fut la naïveté : "Le soutien de l'Opus Dei à Franco est une légende. Les technocrates étaient des hommes de bonne volonté qui ont accepté certaines réalités du régime avec l'ambition de le changer de l'intérieur. Mais ils parlaient de "constitutionnalité" et de "démocratie" à une époque où tout était encadré : le parti, la phalange, le syndicat, Église, etc."Pera Pasqual, un prêtre nationaliste catalan, dont le père a connu la prison et a lui-même dirigé des journaux antifranquistes, n'escompte pas de "repentance": "Je n'étais pas d'accord avec les ministres Opus Dei de Franco, mais je sais qu'après quarante ans de dictature, le processus de transition s'est terminé pacifiquement, que l'Espagne s'est développée et que ces "technocrates" ont contribué à ce virage. Autrefois, l'Espagne était un pays d'émigration. Aujourd'hui, c'est elle qui accueille des immigrés."
Hier secte du diable, l'Opus Dei a désormais pignon sur rue à Barcelone, comme à Madrid, à Valence, à Valladolid, à Séville. Dans un pays où le souvenir de Franco est aussi lointain que celui d'Alphonse XIII, la plupart des responsables et des partis, y compris la gauche et les nationalistes, le courtisent. A Raval, quartier très populaire de Barcelone, Jordi Pujol, président du gouvernement catalan, vient de rendre visite à un centre socio-éducatif de l'Opus Dei. Dix mille personnes ont participé aux cinq grands-messes qui ont marqué à Barcelone, en juin, le centenaire de la naissance d'Escriva. L'Opus Dei nage comme poisson dans l'eau dans l'Espagne démocratique, libre et européenne. " Dans les années 1960, explique Jaume Aurell, on devait être pour ou contre Franco, dans les années 1980, de droite ou de gauche. Aujourd'hui, en Espagne, on peut être conservateur sans être taxé de franquisme, de gauche sans passer pour communiste ou anarchiste, aimer sa patrie sans être indépendantiste." L'Opus Dei ne compte qu'un membre, Federico Trillo, ministre de la défense, dans le gouvernement conservateur de José Maria Aznar. Secrétaire de sa délégation de Barcelone, Jordi Miralbell assure que l'Œuvre est présente dans toutes les formations, y compris les partis nationalistes catalan et basque.
Église elle-même est moins divisée à son sujet. Longtemps réticents, les évêques et les prêtres espagnols courent après leurs fidèles et les trouvent souvent à... l'Opus Dei. Celui-ci sait se montrer indispensable pour animer les messes, assister les malades, encadrer les jeunes, organiser les activités caritatives, redonner vie à des rites oubliés comme la confession ou le chemin de croix. Il n'aurait de prétention que d'être un mouvement parmi d'autres, mais riche de ses structures particulières, de ses laïcs dévoués, d'un clergé qui n'appartient qu'à lui, de ses universités, collèges, cliniques et résidences universitaires. L'Opus Dei, libéré des équivoques du passé, peut enfin donner sa mesure et répondre à l'appel de son fondateur : rechristianiser la société, aider le chef d'entreprise, aussi bien que l'étudiant ou le jeune immigré, à défendre des valeurs issues de la tradition chrétienne, leur offrir des moyens de formation, de retraite, des temps de prière et des pratiques de dévotion.
Pour Maria Vasquez, médecin et mère de famille de Barcelone, le mot de "sanctification par le travail", cher à Escriva, a un sens bien précis. Surnuméraire de l'Opus Dei, elle est repérée dans l'administration de la santé où elle travaille pour défendre les positions de Église sur la bioéthique et le sexe. Ses enfants fréquentent les écoles de l'Opus Dei. La messe quotidienne, les oraisons jaculatoires, les invocations mentales à Marie assurent, dit-elle, l'"unité de sa vie". On récite le chapelet en famille. On s'oblige à des pratiques de mortification qui ne ressemblent plus au cilice d'antan, mais consistent à se priver de chocolat ou de télévision. Pour elle, l'Opus est tout au plus un lieu de ressourcement : "Le monde a besoin de sainteté. Il va mal, mais la rédemption est à l'œuvre. Les laïcs doivent s'y coller, comme en France un Robert Schuman ou un Edmond Michelet."
Une Œuvre qui saisit toute la vie de ses membres. Christine Colomer fréquente des familles démunies du quartier populaire de Montalegre dont l'église appartient à l'Opus. "Toute ma journée est prière, dit-elle. Je donne des rendez-vous au Seigneur. Je prie quand je fais la cuisine. Je prie quand j'élève mes enfants ou rends visite aux pauvres." Aucun aspect de la vie n'échappe à l'Opus Dei : l'école, le sport, le travail professionnel, la famille. Un quadrillage territorial et social, une vision globale – "totalitaire", selon les mauvaises langues – de l'homme et de la société : "Il s'agit de changer le monde, dit un professeur de Barcelone, non par des discours révolutionnaires, mais en partant de notre situation concrète. Si je suis un bon père de famille, je serai un bon dirigeant d'entreprise. Inversement, si j'apprends à devenir un bon dirigeant, je deviendrai aussi un bon père de famille."..........etc
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07/06/2005
Comme c'est beau!
C'est beau le christianisme! Je trouve qu'il y a des gens sans histoires et qui sont admirables. Bien souvent, a la télé, on nous raconte des histoires difficiles et dramatiques. Mais le monde c'est aussi des tas de familles qui vivnet une vie ordinaire avec des difficultés mais aussi des joies. Voià des australiens bien sympathiques. Regardez la photo!

John Perrottet a 46 ans, il est marié ave Anne, et travail dans l'industrie du tourisme, à Sydney (Australie)
Une remarque toute simple, à laquelle beaucoup ne pensent pas : l'une des clés du succès dans le mariage est de choisir le bon binôme… Les enseignements de saint Josémaria m'ont poussé à prendre cette question très au sérieux. J'ai vécu à Warrane Collège lorsque j'étais étudiant; là j'ai pu entrer en contact avec un bon groupe de personnes, et je suis très content de dire que, grâce à l'aide de saint Joseph, j'ai rencontré une épouse merveilleuse, Anne. Nous avons maintenant douze enfants, de 3 à 21 ans. C’est mon plus grand trésor sur terre ; jamais je n’aurais cru cela possible sans l’aide de saint Josémaria. C’est le résultat de ses enseignements sur la vocation matrimoniale et sur la générosité avec notre Seigneur pour la transmission de la vie.
Avec une telle famille, il y a toujours des petits problèmes, tout spécialement lorsque les enfants sont d’un âge très rapproché. C’est à ce moment qu’il faut être conscient qu’une grande famille, certes, donne pas mal de travail, mais que c’est également quelque chose de très gratifiant, et même que l’on peut s’amuser beaucoup.
Il est difficile d’apprendre aux enfants à être généreux, mais dans une famille nombreuse, la générosité devient quelque chose de nécessaire. L’un des cadeaux que nous avons reçus dans ce sens est que l’un de nos enfants est également membre de l’Opus Dei. J’espère que son exemple poussera d’autres parmi ses frères et sœurs à donner sa vie à Dieu . Nous serins très heureux qu’ils reçoivent ce don du célibat qui pousse à donner l’âme et le corps au Seigneur, à lui offrir un cœur sans partage, sans l’intermédiaire d’un amour humain.
L’exemple de la vision surnaturelle permanente de saint Josémaria a été très important pour nous dans les moments d’épreuves. Financièrement, il y en a eu beaucoup ; mais le Seigneur sait ce qu’il faut faire pour que nous ne perdions pas confiance en Lui. Vraisemblablement, notre plus grande difficulté a été la perte de l’un de nos enfants. Peu de temps après qu’Anne fut enceinte, nous avons découvert que Joseph avait une malformation congénitale qui rendait impossible sa survie. Par une grâce toute spéciale, nous avons pu offrir notre bébé à Jésus le jour de sa naissance. En même temps, le Seigneur nous a donné une grande sérénité, avec ce cadeau de savoir que l’un de nos enfants était au Ciel.
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05/06/2005
Sur l'école Dosnon
Prochainement, je vous donnerai d'autres nouvelles sur cette école, dont la formation chrétienne est de l'Opus Dei.
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